Faut-il refaire son DPE en 2026 avant de vendre dans l’Eure ?
En 2026, vendre un bien sans vérifier la validité et la pertinence de son DPE peut retarder une transaction ou faire baisser le prix sans que le propriétaire ne l’ait anticipé. Beaucoup de propriétaires dans l’Eure pensent encore que leur diagnostic réalisé il y a quelques années suffit, alors que la réglementation a profondément évolué depuis la réforme de 2021 et les interdictions progressives de location des logements les plus énergivores.
Un DPE réalisé entre 2018 et juin 2021 n’est plus valable
depuis le 1er janvier 2025. Ce point est désormais clair juridiquement.
Pourtant, sur le terrain, certains vendeurs découvrent cette invalidité au
moment de signer un compromis. Résultat, la vente est suspendue le temps de
refaire le diagnostic, parfois dans l’urgence, parfois avec un acquéreur déjà
inquiet de la performance énergétique du bien.
Mais la question en 2026 ne concerne plus seulement la
validité. Elle concerne aussi l’impact du classement. Un logement classé E, F
ou G ne se regarde plus de la même manière qu’en 2019. Dans l’Eure et plus
largement en Normandie, le parc immobilier est ancien, souvent composé de
maisons en pierre, de toitures peu isolées, de chauffages au fioul ou
d’installations électriques vieillissantes. Le DPE ne sanctionne pas un style
architectural, il mesure une performance énergétique selon une méthode standardisée.
Pourtant, ses conséquences sur la perception du bien sont bien réelles.
Refaire un DPE avant de vendre n’a donc pas seulement pour
objectif d’être conforme. Cela permet d’anticiper. Si des travaux d’isolation
ont été réalisés, si un système de chauffage a été remplacé, si des menuiseries
ont été changées, un nouveau DPE peut améliorer le classement et sécuriser la
négociation. À l’inverse, si le bien est proche d’un seuil sensible, par
exemple entre D et E, le propriétaire peut décider en connaissance de cause
d’effectuer ou non des améliorations avant la mise en vente.
En 2026, les acheteurs sont plus attentifs. Les banques
intègrent désormais la performance énergétique dans leur analyse du risque. Un
bien classé F ou G peut susciter des demandes de travaux ou influencer l’octroi
d’un prêt, notamment si l’acquéreur envisage une mise en location. Ce n’est pas
une interdiction systématique, mais une donnée supplémentaire dans l’équation
financière.
Il existe également un enjeu de transparence. Un DPE à jour,
réalisé selon la méthode actuelle, limite les contestations postérieures. Le
diagnostic de performance énergétique est désormais opposable juridiquement.
Cela signifie que les données produites engagent la responsabilité du
diagnostiqueur. Pour le vendeur, cela implique aussi que les informations
transmises à l’acquéreur doivent être cohérentes avec l’état réel du bien au
moment de la transaction.
Faut-il pour autant refaire systématiquement son DPE en 2026
avant de vendre dans l’Eure ? La réponse dépend de la date du diagnostic
existant, des travaux réalisés depuis, du classement obtenu et de la stratégie
de mise en marché. Dans certains cas, il est parfaitement pertinent de
conserver le DPE en cours de validité. Dans d’autres, le refaire permet
d’éviter une négociation défavorable ou un blocage administratif.
Ce qui change réellement en 2026, ce n’est pas seulement la
réglementation. C’est la manière dont le marché intègre la performance
énergétique dans la valeur patrimoniale d’un bien. Le DPE n’est plus perçu
comme un document annexe, mais comme un indicateur central, au même titre que
la surface ou l’emplacement.
Avant de mettre en vente un appartement ou une maison dans
l’Eure, il est donc raisonnable de vérifier trois points simples : la date du
DPE, la méthode utilisée pour l’établir, et l’évolution éventuelle du logement
depuis sa réalisation. Cette vérification ne garantit pas un meilleur prix,
mais elle permet d’éviter les mauvaises surprises au moment où la négociation
devient concrète.